Une aventure encore rare

           Le Gilf el Kebir

Le Gilf el Kebir est une zone du désert occidental égyptien réputée inaccessible .

 Les explorateurs du désert s'y sont cependant aventurés dès le 19 e siècle pour les Européens et sans doute bien avant pour les bédouins. Il faut être inconscient ou soigneusement préparé pour affronter la chaleur, le manque d'eau , les pillards et tous les risques inhérents au désert mais encore plus dans cette région. 
Le Gilf el Kebir constitue une frontière naturelle montagneuse entre l'Egypte, la Libye et le Soudan.

La plupart des tours opérators ont ajouté à leurs programmes des circuits dans le Gilf el Kebir depuis la parution de livre de Michaell Ondaaje :" L'homme flambé" devenu le très beau film le "Patient anglais"  de Anthony Minghalla. Une partie du film se joue dans le sahara occidental egyptien ( précisément près du site rupestre de la grotte des Nageurs) mettant en scène un authentique explorateur : Le comte Laslo Almazy. La biographie du personnage est sérieusement malmenée. Sa vraie vie est d'ailleurs plus intéressante  Il  en reste de belles images du désert et de la notoriété pour le site.
Pour ma part , nourrie de toute la littérature qui touche au désert occidental, j'ai rêvé d'une expédition personnelle .

Il est devenu courant de voir des groupes s'acheminer vers le Gulf avec des équipements hyper-sophistiqués. J'ai vu une "expé" formée de voyageurs italiens traverser Baharyia avec quelques 7 ou 8 tous-terrains flambant neufs, plus voiture d'assistance, le tout digne d'un départ pour le Paris-Dakar.
 Nul doute qu'un tel train offre une tentation aux pillards postés à la frontière et tentés par des voitures neuves.
La presse relate des enlèvements de voyageurs,ce qui n'a pas été du goût des gouvernements, notamment le gouvernement égyptien.
En conséquence, il était  devenu difficile pendant une certaine période d'obtenir des autorisations pour circuler
vers le Gilf el Kebir. Puis, la surveillance de la région s'étant étoffée, il a été plus facile de partir.
 En juin 2010, mon guide m'annonça triomphalement que nous pouvions partir. J'attendais depuis plus de six mois et pensais partir au moins au printemps
J'étais seule à titre de voyageuse
Nous avions 2 voitures tous-terrain ( il fallait bien ça, vu la quantité de choses que nous emmenions), 2 chauffeurs (faisant aussi office de cuisiniers) un guide expérimenté habitué à ce type de circuit , plus l'accompagnement imposé par les autorités d'un militaire connaissant également le territoire . 
J'ai d'ailleurs apprécié les connaissances de celui-ci, il m'apprit beaucoup de choses

Il fallut se soumettre à certaines conditions :

-Eau, essence   et  huile pour les voitures, plus provisions alimentaires pour 15 jours  Hé oui! personne pour nous approvisionner .
-Etre en possession d'une carte détaillée et d'un GPS (nous en avions deux)
-Egalement disposer d'un téléphone satellitaire que nous avons dû louer. Je me suis aperçu que notre militaire (un capitaine s'il-vous-plait) donnait notre position à Baharyia tous les soirs. Je me suis interrogée sur la présence de cet unique militaire qui n'aurait pas servi à grand-chose en cas d'attaque. Mais son rôle dépassait largement cet aspect de l'expédition. 
Il veillait en plus à ce que nous ne laissions aucun déchet sur place. Mes guides devaient brûler tous les déchets sur place et emmener ce qu'on ne pouvait détruire.
En outre, il est actuellement interdit de ramasser quoi que ce soit : fossiles, coquillages, et en particulier dans la mer de sable le verre libyque. Notre capitaine surveillait ce que nous pouvions ramasser.
-Il faut également passer par la police touristique pour obtenir le feu vert , ceci un mois avant.

A cause de la chaleur. j'appréhendais de partir en juin. Finalement, cela fut très supportable. Nous partions vers 8h30 après le petit déjeuner, le temps pour ma petite équipe de ranger le camp. Quand les voitures roulaient, le courant d'air provoqué était rafraichissant et d'une manière générale le vent souffle souvent dans le désert. Nous nous arrétions en milieu de journée , une tente était dressée et le repas achevé, nous attendions un peu de fraicheur pour repartir, vers 16h environ. Un peu de route avant l'arrêt du soir. Le camp était monté, je dressais ma petite tente perso. J'aime bien dormir à la belle étoile , mais une tente est bien pratique pour s'habiller, faire sa toilette et se mettre à l'aise ( j'étais la seule femme avec 4 hommes!)



 
 



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